Commission Africaine | Conclusions du Forum des ONG

06.05.2017

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La 34ème édition du Forum des ONG a été organisée et encadrée par le Centre Africain pour la Démocratie et les Études des Droits de l’Homme, en collaboration avec la Commission Africaine et le comité directeur du Forum des ONG. Cette année, le Forum a attiré plus de 180 participants issus de 26 pays. Parmi les parties prenantes figuraient des organisations de la société civile, les représentants d’institutions nationales des droits humains et quelques Commissaires de la Commission Africaine. Le thème du Forum des ONG était le suivant : « Impliquer les jeunes, particulièrement les femmes, dans les droits humains et la démocratie en Afrique ».

Ce thème central était associé à l’état de la mise en œuvre de la Charte Africaine de la Jeunesse. Tenu en amont de la session ordinaire de la Commission Africaine, le Forum des ONG a pour objectif de favoriser une collaboration plus étroite entre les ONG et la Commission Africaine afin de promouvoir et protéger les droits humains en Afrique.

Défenseurs des droits humains

Des défenseurs kenyans des droits humains ont expliqué que les brutalités policières étaient en augmentation lors des manifestations pacifiques et que des agents de sécurité avaient fait un usage excessif de la force pour disperser des manifestants. Ils ont par ailleurs fait part de leur préoccupation concernant les exécutions extrajudiciaires, citant en exemple celle du défenseur des droits humains Willy Kimani.

Les ONG ont déploré le fait que l’état d’urgence soit toujours en vigueur en Éthiopie, ce qui, en définitive, limite la capacité des défenseurs et des organisations de la société civile de se rassembler et de s’exprimer librement. Le Forum des ONG a appelé les Commissaires de la Commission Africaine à faire le point sur les suites données à la résolution 356, adoptée dans le cadre de la 59ème session ordinaire, et à présenter les mesures prises afin d’améliorer la situation des droits humains en Éthiopie.

La situation au Burundi et au Soudan du Sud demeure très préoccupante. En dépit des efforts de la communauté internationale pour atténuer la crise dans ces pays, la situation continue de se détériorer. Le Forum des ONG a appelé les autorités burundaises à cesser leurs attaques à l’encontre des journalistes et défenseurs des droits humains, à coopérer avec la Commission d’enquête des Nations Unies et à mettre en œuvre les recommandations préconisées par les rapports de la Commission d’enquête et de la Commission Africaine.

Les gouvernements de pays dans lesquels sont organisées des élections cette année, comme l’Angola, le Rwanda, le Kenya et la République démocratique du Congo, ont été invités à respecter le droit de vote des jeunes, et celui de la société civile et des défenseurs des droits humains à la liberté d’association et de réunion pacifique. 

Evénement parallèle - Protocole de Maputo

Le Centre for Human Rights de l’Université de Pretoria a organisé une manifestation parallèle, en marge du Forum des ONG. Les intervenants, parmi lesquels figurait la Commissaire Lucy Asuagbor, ont débattu des raisons pour lesquelles il était important pour le Niger de ratifier le Protocole de Maputo. La Commissaire a rappelé que, le 10 mai 2017, 38 des 54 États Membres avaient ratifié ce texte. Ils étaient 16 à ne l’avoir toujours pas fait, dont le Niger. La délégation représentant le ministère nigérien de la Promotion de la femme et de la Protection de l’enfant a fait part des mesures prises à ce jour en vue de promouvoir et de protéger les droits des femmes, notamment : intégration des questions d’égalité hommes-femmes dans le plan d’action national, nomination au gouvernement de 15 % de femmes à des postes décisionnaires et, en 2014, révision du code civil afin de permettre aux femmes de transférer légalement leur nationalité à leurs enfants et/ou époux.

Les défenseurs nigériens des droits humains ont accueilli favorablement ces mesures. Ils ont toutefois indiqué qu’il restait beaucoup à faire et que le Protocole de Maputo, une fois ratifié, constituerait une référence sur laquelle s’appuyer pour évaluer les progrès véritablement réalisés. Ils ont également évoqué l’élaboration en cours de la loi nationale de protection des défenseurs des droits humains, expliquant que ce texte devrait inclure une disposition afin de protéger les besoins spécifiques des femmes défenseures.

Les participants nigériens ont rappelé aux intervenants que les cultures et religions du Niger intégraient déjà les dispositions nécessaires à la protection des femmes. En outre, selon la Commissaire Lucy Asuagbor, la lecture du Protocole de Maputo dans son intégralité permettait de se rendre compte qu’il avait été élaboré de façon à répondre aux besoins contextuels des femmes et des enfants en Afrique. 

Contact: Clément N. Voule, Directeur du plaidoyer sur l'Afrique à ISHR, c.voule@ishr.ch

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