Aujourd'hui plus que jamais, le monde a besoin d'un Conseil des droits de l'Homme fort

17.05.2016

Selon M. Ruddock, le Conseil des droits de l'Homme doit veiller à accorder une attention soutenue et de haut niveau aux situations nationales, à soutenir les transitions démocratiques et les progrès dans le domaine des droits humains et à renforcer son appui à la société civile, à Genève comme sur le terrain.

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Par Philip Ruddock, émissaire de l'Australie pour les droits humains

Selon M. Ruddock, le Conseil des droits de l'Homme doit veiller à accorder une attention soutenue et de haut niveau aux situations nationales, à soutenir les transitions démocratiques et les progrès dans le domaine des droits humains et à renforcer son appui à la société civile, à Genève comme sur le terrain.

Les droits humains sont au cœur des Nations Unies depuis 70 ans. De la Charte de 1945 aux Objectifs de Développement Durable de 2015, les droits humains ont été au centre des valeurs, des activités et des objectifs de l'ONU.

Nous vivons une période de crises humanitaires prolongées et de changements rapides et déstabilisants. Comme la Ministre australienne des Affaires Etrangères, Mme Julie Bishop, l'a déclaré l'année dernière à l'Assemblée Générale de l’ONU, la montée des groupes terroristes comme Daesh, les ravages continus du régime nord-coréen et la persistance des formes contemporaines d'esclavage accentuent la nécessité pour l'ONU de mener un programme ambitieux en matière de droits humains, aujourd'hui plus que jamais.

En 2006, l'Australie a soutenu la résolution historique de l'Assemblée Générale qui a créé le Conseil des droits de l'Homme. Nous étions en effet conscients de la nécessité de créer un organe qui promeuve et protège plus efficacement les droits humains partout dans le monde. Au cours des dix dernières années, le Conseil des droits de l'Homme a montré qu'il était capable de s'attaquer aux questions les plus difficiles en matière de droits humains dans le monde et de contribuer à l'effort international dans ce domaine. L'Australie est déterminée à veiller à ce que le Conseil des droits de l'Homme continue d’apporter de l'espoir aux victimes et faire progresser les droits humains pour tous.

Au moment de la création du Conseil des droits de l'Homme, l'Australie avait affirmé que la réussite du nouvel organe se mesurerait véritablement aux améliorations concrètes qu'il apporterait à la vie des personnes dont les droits sont violés. Le dixième anniversaire du Conseil des droits de l'Homme est l'occasion de se pencher sur les réalisations du Conseil et sur la façon dont il peut rester efficace et pertinent au cours des décennies à venir.

Des résultats considérables

Du point de vue de l'Australie, les résultats obtenus par le Conseil des droits de l'Homme sont considérables. La souplesse dont a fait preuve le Conseil face à des situations très diverses y est pour beaucoup. Par le biais de ses Procédures Spéciales, de ses commissions d'enquête, de ses missions d'établissement des faits et d'autres mécanismes, le Conseil a montré qu'il pouvait identifier les situations préoccupantes en matière de droits humains, enquêter sur les violations, faire des recommandations utiles et établir les responsabilités.

Les réponses du Conseil doivent continuer à refléter les caractéristiques uniques de chaque situation nationale. Les situations les plus critiques en matière de droits humains doivent continuer à recevoir une attention soutenue et de haut niveau. C'est pour cette raison qu'en 2014, l'Australie a dirigé les efforts en vue de placer la situation en République Populaire Démocratique de Corée à l'ordre du jour du Conseil de Sécurité de l'ONU. L'Australie soutient le rôle du Conseil des droits de l'Homme en tant que mécanisme d’alerte précoce pour empêcher l'escalade dans les abus et les violations des droits humains. Le Conseil des droits de l'Homme devrait également engager une coopération constructive avec les pays en transition et proposer un appui technique efficace en considération des améliorations tangibles en matière de droits humains. La récente coopération du Conseil avec le Sri Lanka est un bon exemple de ce type d'approche dans la pratique. L'Australie soutient également les efforts de collaboration pour promouvoir l'amélioration de la situation en matière de droits humains au Myanmar et ailleurs.

Du point de vue de l'Australie, la procédure d'Examen Périodique Universel (EPU) du Conseil des droits de l'Homme a joué un rôle fondamental dans l'efficacité des travaux du Conseil car elle met en relief l'universalité des droits humains. L'EPU est un mécanisme d'examen par les pairs sans équivalent dans l'histoire des relations internationales. Il a permis de générer un vaste ensemble d'évaluations et d'examiner le champ complet des pratiques en matière de droits humains. Mais pour que l'EPU tienne toutes ses promesses, il faut que l'accent soit à nouveau mis sur la mise en œuvre de ses recommandations. Lors du deuxième cycle de l'EPU en novembre 2015, l'Australie a pris l'engagement de développer un mécanisme public et accessible visant à évaluer les progrès effectués par le pays dans la mise en œuvre des recommandations de l'EPU, notamment par le biais d'une déclaration publique périodique. Nous encourageons les autres États membres à envisager des approches similaires.

Le succès du Conseil des droits de l'Homme s'explique également par l'approche inclusive adoptée par l'institution. En accordant un rôle fondamental à la participation de la société civile et des institutions nationales des droits de l'Homme, le Conseil a obtenu d'excellents résultats. Les groupes de la société civile ont apporté de la richesse et de la consistance aux délibérations du Conseil et ont aidé à faire le lien entre la réalité des situations nationales sur le terrain et les décisions prises à Genève.

Dans ce contexte, les actes d'intimidation et de représailles à l'encontre des organisations non-gouvernementales et des défenseurs des droits humains en raison de leur coopération avec le Conseil des droits de l'Homme sont inacceptables et n'ont pas leur place au sein du Conseil. L'Australie appuie d'ailleurs les efforts menés, en particulier par les institutions nationales des droits de l'Homme, en vue d'étendre la norme par excellence promue par le Conseil des droits de l'Homme en matière d'engagement de la société civile à d'autres organes de l'ONU comme la Commission de la condition de la femme.

Un engagement à soutenir le travail du Conseil

Dix ans après la création du Conseil des droits de l'Homme, l'Australie reste persuadée de la valeur de cette institution et continue d'appuyer ses travaux. L'Australie brigue un premier mandat au Conseil pour 2018-2020. En tant que membre du Conseil, nous apporterons les valeurs et qualités qui ont marqué notre engagement au cours de la décennie passée, notamment : une approche privilégiant les résultats concrets ; un engagement de principe à respecter les normes les plus élevées en matière de droits humains et à toujours chercher à améliorer notre bilan dans ce domaine ; notre compréhension de la diversité bâtie sur la dimension multiculturelle de la société australienne ; notre engagement profond envers notre région indo-pacifique et un appui actif aux peuples autochtones ; et une approche ouverte et pragmatique face aux propositions visant à renforcer le Conseil des droits de l'Homme et ses mécanismes.

Nous chercherons à mettre un accent spécial sur l'égalité des sexes, la gouvernance, la liberté d'expression, les droits des peuples autochtones, les institutions nationales des droits de l'Homme et le renforcement des capacités. Nous continuerons également à défendre vigoureusement l'abolition de la peine de mort et les droits des personnes en situation de handicap.

Je félicite le Conseil à l'occasion de son dixième anniversaire et je me réjouis de la coopération étroite et continue de l'Australie avec le Conseil dans les décennies à venir.

Le député Philip Ruddock est émissaire de l'Australie pour les droits humains. L'Australie est candidate à l'élection du Conseil des droits de l'Homme pour 2018-2020. Suivez la Mission permanente de l'Australie auprès de l'ONU à Genève sur Twitter : @AustraliaUN_GVA.

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