ACHPR61 | Droits humains en Afrique : la protection juridique des défenseur.es avance, mais les violations massives augmentent

05.11.2017

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Lors d'une déclaration délivrée en ce jour devant la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (la Commission Africaine), ISHR s'est certes réjoui des progrès observés en matière de protection et de reconnaissance juridiques des défenseure.es des droits humains, mais a également exprimé sa vive préoccupation concernant les violations croissantes observées dans plusieurs pays.

De plus en plus de pays africains adoptent, rédigent ou envisagent de rédiger des lois spécifiques protégeant les défenseur.es des droits humains, a rappelé ISHR dans une déclaration orale délivrée aujourd'hui lors de la 61ème session de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples. A ce titre, des félicitations ont été adressées à la Côte d'Ivoire et au Burkina Faso, respectivement premier et deuxième pays d'Afrique à avoir adopté une telle loi, et ce en collaboration étroite avec ISHR. D'autres pays tels que la Sierra Leone, la République Démocratique du Congo (RDC) ou la Guinée ont été salués pour l'élaboration en cours de leurs lois. ISHR a néanmoins tenu à souligner que ces lois se devaient d'être pleinement conformes aux instruments internationaux et régionaux des droits humains.  

"Ces lois doivent être conformes à la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme et à la Charte africaine. Elles doivent créer un environnement propice au travail des défenseur.es et ne pas contenir de dispositions, ou être mises en œuvre, de manière à restreindre ce travail essentiel "  a insisté Clément Voulé, directeur du plaidoyer sur l'Afrique chez ISHR.

La déclaration a par ailleurs été l'occasion de renouveler l'invitation faite par ISHR à tous les Etats de s'inspirer de sa Loi Type élaborée en collaboration avec 28 expert.es des droits humains issu.es des quatre coins du monde. 

Cependant, en dépit de ces quelques lueurs d'espoir, ISHR a rapidement tenu à exprimer sa plus vive préoccupation quant à l'aggravation de la situation des droits humains dans des pays tels que le Burundi, la RDC ou encore l'Erythrée. Un acent particulier a été mis sur le Burundi au vu du refus obstiné du pays de coopérer avec les mécanismes de protection des droits humains.  Rappelant que la Commission d'enquête nommée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a conclu qu' " il existe des «motifs raisonnables» de croire que des crimes contre l'humanité ont été et continuent d'être perpétrés depuis avril 2015", ISHR a également fait mention des démarches les plus graves entreprises par les autorités burundaises telles que: déclarer des expert.es de l'ONU persona non grata; refuser l'accès au pays à la Commission d'enquête, etc. "Les défenseur.es des droits humains sont constamment ciblé.es et victimes de détentions arbitraires" a enfin déploré Clément Voulé.  

A cet égard, ISHR a appelé la Commission Africaine à se pencher sur la situation au Burundi et à demander au pays, entre autres, de mettre fin à l'impunité et à la suspension des ONG de défense des droits humains.

Regarder la déclaration d'ISHR:

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  • Africa
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  • Freedom of expression, association and assembly
  • Human rights defenders
  • NGOs
  • Reprisals and intimidation
Mechanism
  • African Commission on Human and Peoples' Rights
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  • Burkina Faso
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